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Détecteurs de fumée : Le bilan après un an d’application de la loi

Publiée le 13/02/2016

                     

Crédit photo : www.Kidde.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis le 1er janvier 2016, tous les logements d’habitation doivent être équipés d’un détecteur de fumée. Le 4e Baromètre Kidde-BVA*, révèle un taux d’équipement de 85%. Il apporte de nouveaux éclairages sur les raisons du non-équipement des Français et fait un focus sur la problématique des fausses alarmes.

Selon les résultats du baromètre, le taux d’équipement des Français a progressé de 4 points entre septembre 2015 et janvier 2016 pour atteindre 85%. Parmi les Français les plus équipés, on retrouve les locataires (89%), les personnes les plus âgées (50-64 ans et retraités : 89%) et les salariés du secteur privé (88%).

Il semble que les propriétaires équipent plus facilement les logements qu’ils louent que leur propre lieu d’habitation, sans doute pour éviter tout risque de contentieux avec leur locataire. La motivation de s’équiper serait donc plus liée à la contrainte réglementaire qu’à une réelle prise de conscience du risque d’incendie domestique. De même, l’Association nationale des copropriétés et des copropriétaires (ANCC) constate que les propriétaires équipent moins leur résidence secondaire que leur résidence principale, ce qui témoigne aussi d’un biais dans la compréhension du risque incendie.

Dans les faits, il est difficile, voire impossible, de vérifier si la nouvelle obligation est bien respectée. La loi Morange ne prévoit pas de contrôle. L’installation d’un détecteur doit être signalée à l’assurance incendie de chaque logement via une attestation, mais ne figure pas dans le contrat d’assurance. Le contrat de location doit bien stipuler qui du propriétaire ou du locataire a la charge de l’entretien et du renouvellement du détecteur.

En revanche, il n’existe pas de mesures particulières au niveau des copropriétés. « Le syndic de copropriété a pour responsabilité d’informer les propriétaires de la réglementation en matière de détecteurs de fumée et du risque encouru en cas de non-équipement. Toutefois, l’entrée en vigueur de la loi n’a pas requis de changement des règlements de copropriétés. Cette question pourrait être insérée dans les règlements à l’occasion de leur mise à jour et devrait être introduite lors d’une création de copropriété », souligne Nathalie Figuière, juriste à l’ANCC.

Une partie de la population ne sait pas où acheter de détecteur, où l’installer, pense qu’il faut faire appel à un installateur, doute de leur fiabilité ou encore estime qu’un petit logement n’en nécessite pas. Une campagne de sensibilisation du public permettrait de lever des freins à l’équipement et certaines barrières à leur bonne utilisation. Et amènera peut-être les 56% de personnes non-équipées qui prévoient de le faire à passer à l’action.

Si la responsabilité du propriétaire est évoquée dans 21% des cas pour justifier un non-équipement, l’absence de risque arrive en deuxième position à 20% devant le fait que ce n’est pas obligatoire (17%). Il apparaît en outre que la méconnaissance des risques est la principale raison (24%) de non-équipement des responsables de l’équipement au sein du foyer.

Pour Catherine Sztal-Kutas, Directrice de Calyxis, Pôle d’expertise du risque, ces données révèlent un manque criant d’information du public : « Depuis plus de 10 ans, nous clamons la nécessité de sensibiliser la population aux risques incendie avant d’imposer un équipement. La loi devait être assortie d’une argumentation sur les dangers réels et leurs risques associés mais cela n’a pas été fait. L’Etat devrait engager une vaste campagne de sensibilisation et d’information pour y remédier. Les données issues de pays étrangers qui ont un recul de trente ans sont sans équivoque : au Québec par exemple, l’équipement en détecteurs de fumée a divisé par deux le nombre de morts par incendie. »

Le Commandant Didier Rémy, chef du service prévention du SDIS de Charente et animateur de la commission prévention au sein de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, insiste pour sa part sur la nécessité, au-delà de la sensibilisation du public, de lui inculquer une véritable éducation du risque : « Il faut éduquer dans les écoles et dans les lieux de travail aux actes réflexes en cas d’incendie. Cela permet d’anticiper les situations à risques et d’opter pour un comportement adapté, comme par exemple “là où il y a de la fumée, il ne faut pas y aller” ».

La problématique des alarmes intempestives (mise en route de l’alarme du détecteur due à la présence de fumée liée à la cuisson d’aliments ou à la vapeur d’eau) ou de fausses alarmes (dues à du matériel mal entretenu en général) peut constituer un frein à l’utilisation optimale des détecteurs et doit donc faire l’objet d’une attention particulière.

Les utilisateurs de détecteurs de fumée sont 18% à signaler des problèmes de fausse alarme. Ce taux n’est pas excessif mais doit être pris en considération car il peut recouvrir différentes significations et, surtout, engendrer un phénomène de rejet des détecteurs. Les familles nombreuses sont plus souvent concernées (28%) que les personnes âgées de 65 ans et plus (13%), car la fréquence de leurs activités susceptibles de déclencher de fausses alarmes est plus importante (cuisine, repassage, etc.).

Dans ce cas, le premier réflexe pour arrêter l’alarme est d’aérer la pièce. Toutefois, les propriétaires ont plus tendance à retirer la pile et à ne pas réinstaller le détecteur (40%, contre 32% chez l’ensemble des équipés). Trois-quarts des Français réinstallent leur détecteur à la suite d’une fausse alarme, un taux plus marqué dans les familles nombreuses (83%).

Alors que le test du détecteur et son nettoyage réguliers sont préconisés par les fabricants, le premier geste effectué est le contrôle via le bouton test dans seulement 54% des cas et le passage d’un chiffon sur l’extérieur du détecteur dans 33% des cas.

La question du positionnement des détecteurs pour éviter les alarmes intempestives mais aussi celle de leur entretien est donc centrale. Le Lieutenant Christian MONDEJAR, préventionniste au SDIS de la Vienne, témoigne de l’augmentation du nombre d’alarmes intempestives : « l’an passé, 5% de nos interventions pour des départs de feu dans les habitations sur le département étaient le fait d’une alarme intempestive, contre 0,8% en 2014. Pour autant, nous ne connaissons pas la nature du déclenchement. Dans tous les cas, leur survenue a une incidence majeure pour les occupants car en cas d’absence des occupants nous devons entrer pour lever le doute. Cette augmentation peut s’expliquer aussi par l’augmentation du nombre de détecteurs installés.»

« Il faudrait inculquer en France un changement de comportement vis-à-vis du risque incendie. Cela passera par une mobilisation des pouvoirs publics qui, seuls, ont la capacité à mettre en œuvre une campagne d’information nationale d’envergure. Et, sur le terrain, les experts de la sécurité incendie pourront relayer ce message par des actions de proximité avec les Français, adaptées à leur situation personnelle et à leur environnement », ajoute-t-il.

« Dans les pays les mieux équipés au monde, les pays anglo-saxons et nordiques, la loi ne sanctionne pas non plus le non-équipement. Pour autant, les populations, sensibilisées depuis longtemps au risque incendie, ont acquis le réflexe de s’équiper. Plutôt que la voie réglementaire, il apparaît donc que c’est l’incitation par l’explication qui porte ses fruits. Ancrer la culture du risque incendie domestique dans notre quotidien permettra de suivre leur voie et de réduire considérablement le nombre de décès et de victimes par incendie en France », conclut Gaëlle ALLOIN, directrice marketing Europe, Kidde.

*4e Baromètre Kidde-BVA mené du 15 au 16 janvier 2016.

Source : Kidde.fr, Attention-au-feu.fr

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